Ideenquelle

Les idées sont inutiles

Les idées sont inutiles.

C’est fort, affirmatif et simple.
Ce n’est ni totalement juste ni totalement faux. Cela dépend.

Avec les idées, on peut se projeter, imaginer autre chose. On peut créer du lien, partager quelque chose en commun avec autrui. Il faut mettre des mots sur ce qui nous traverse l’esprit.

Mettre des mots sur l’idée.
Je pourrais divaguer explorer sur la question de la limitation des mots par rapport à la pensée ou sur la question de la façon dont les mots façonnent notre manière de penser ou même avant cela, la limitation qu’à la fonction de communiquer (donc avant même le mot).
Je vais cela à d’autres. Non pas que ces questions ne m’intéressent pas; non, juste que ceux-là ont une meilleure connaissance ou envie de partager ce point de vue.

Le principal point est surtout de (me) rappeler que les idées sont peu de choses si je n’en fais rien.
La difficulté n’est pas d’avoir des idées. Il faut faire le tri pour déceler les bonnes idées. Il y a tellement d’idées et notre temps est tellement limité qu’il n’est pas possible de tout faire ou d’être partout.

Quand j’ai une bonne idée, il faut encore - et c’est probablement là, le vrai problème - la mettre en oeuvre.
Car l’idée n’est rien sans sa concrétisation. Cela peut passer par la parole si le but est d’encourager. Mais, même là, cela reste une idée. C’est la sueur, l’engagement, la force qu’il faut mettre en oeuvre. Le temps également.
Trop de discours sont prononcés pendant que peu d’actions sont mises en oeuvre.

Avoir des idées n’est en rien compliqué. “Il suffit de …” comme j’ai pu entendre dire récemment.
Non, “il ne suffit pas de …”. Si c’était effectivement le cas, ce serait déjà fait. Peut-être par quelqu’un d’autre voir même par moi-même. Peu importe qui en réalité. L’idée devient rapidement fait s’il suffisait de l’énoncer ou de la penser. Non, justement, l’idée ne coûte rien ou peu. C’est sa mise en place qui coûte. Si les idées rapportent de l’argent, je serai déjà millionnaire (et je reste humble car je sais que d’autres ont encore plus d’idées).

L’idée rapporte peu. Certes, les consultants existent et un certain nombre sont payés pour émettre des idées.
Mais les idées ne suffisent pas. Combien de discours sont prononcés à la recherche d’une réponse qui ne vient pas : comment faire des projets plus courts, que manque-t-il pour que le secteur se porte mieux ou encore c’est le temps de l’action; allons de l’avant.
Tant de questions qui ne trouvent pas de réponse : non, pas que les idées manquent; non, juste que les mettre en oeuvre est trop abstrait, trop loin, trop compliqué, trop […].

Il faut se lancer.
Il faut oser.
La route est compliquée car semée d’embûche mais, en plus, l’idée qui donne naissance à ce mouvement, n’est peut-être même pas la bonne. Il faut parfois la changer, la modifier voir même l’arrêter.
Dans la création d’entreprise, on parlera de pivoter. Mettez-y le mot que vous souhaitez. Lancez-vous. Allez-y.

Ces dernières années, je me suis rendu compte que le meilleur des moments pour avoir des idées, ce sont les temps morts. Ces temps où je ne fais rien, où la pression disparait, où l’on attend rien de moi.
Cela ne veut pas dire forcément “vacances” car ce moment de vacances est aussi le moment pour faire autre chose ou autrement. Il est rempli d’activités.
Non, je parle réellement de moments creux : après avoir remis ma démission et avant de recommencer ailleurs, quand il y a moins de travail et plus de temps pour réfléchir à ce qui se fait, quand je suis dans les transports en commun, quand mon esprit divague, …
Il faut ensuite mettre cela en application. Ce n’est pas évident car il faut d’abord se souvenir de son idée puis prendre le temps de la mettre en oeuvre. En plus d’avoir le temps d’y réfléchir, il faut se donner le temps de mettre en oeuvre. Et parfois, repris par le tumulte de la vie, il est difficile de mettre celle-ci sur pause pour se donner le temps de réaliser son idée.

En fait, là, maintenant, au lieu d’écrire pour moi, je pourrais exécuter.
Je ne le fais pas pour (une) certaine raison et chacun à la sienne. Peu importe laquelle, elle existe. Certains arrivent à la dépasser.
Il faut pouvoir saluer et reconnaitre qu’ils dépassent ce frein. Cela ne justifice pas tout. Il faut en avoir conscience.

J’aurais aimé finir ainsi : Les idées sont inutiles, si elles ne restent que des idées.

Mais j’ai un doute.

Les idées peuvent aussi juste nous faire rêver.
C’est un autre champ du possible qui s’ouvre ici et qui vient, en même temps, gâcher ma réflexion.